Bubisan, Le podcast des arts martiaux et de la pop culture

Satsuma – L’honneur brisé des samouraïs

Bubisan Season 1

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Aujourd’hui dans  ce nouvel épisode de Bubisan, on plonge dans un manga historique aussi puissant que brutal : Satsuma, l'honneur de ses samouraïs, l’œuvre magistrale de Hiroshi Hirata.

Publié à la fin des années 70, ce manga nous entraîne au cœur du Japon féodal, à une époque où le mot honneur pouvait être aussi lourd qu’une condamnation. À travers une fresque historique sombre et réaliste, Hirata raconte le destin tragique des samouraïs du domaine de Satsuma, contraints par le shogunat à entreprendre des travaux gigantesques qui vont ruiner leur fief et briser des vies.

Dans cet épisode, on découvre :

  • l’histoire réelle qui a inspiré le manga
  • le contexte politique du Japon sous le shogunat Tokugawa
  • le travail monumental de recherche de Hiroshi Hirata
  • et la vision très sombre du bushido proposée par cette œuvre culte

Entre tragédie historique, critique sociale et récit de samouraïs loin des clichés, Satsuma est un manga unique qui montre l’envers de la légende.

Un épisode pour découvrir une œuvre puissante… et comprendre pourquoi l’honneur peut parfois devenir une prison.

Les poings racontent des histoires… mais c’est à toi d’écrire la tienne.

SPEAKER_00

Salut à toi et bienvenue dans ce nouvel épisode de Boobysan, le podcast des arts martiaux et de la pop culture. Aujourd'hui, je vais te présenter un grand classique du manga de Samouraï. une œuvre historique qui mêle à la fois histoire, psychologie humaine et action. Alors installe-toi confortablement car je vais te parler du manga Satsuma d'Hiroshi Hirata, une œuvre qui ne te laissera pas indifférent. Satsuma, l'honneur des samouraïs, de son nom complet, ou Satsuma Gishiden en japonais, est un Gekiga historique japonais créé par Hiroshi Hirata et publié publié pour la première fois en 1977 dans le magazine manga Goraku, puis réédité en six volumes entre 1979 et 1982 par Nihon Bungaisha. En France, une version a été éditée par la maison d'édition Delcourt Akata entre décembre 2004 et novembre 2005. Alors, avant d'aller plus loin, qu'est-ce qu'un Gekiga

UNKNOWN

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SPEAKER_00

Eh bien, c'est un style de manga japonais destiné à un public adulte, car il explore des sujets comme par exemple la violence, la misère, les conflits psychologiques ou les enjeux politiques. souvent avec une atmosphère sombre et une narration complexe. L'histoire de Satsuma se déroule à la fin de l'année 1753, à l'époque du shogunat des Tokugawa. Elle suit le destin du fief de Satsuma dont les samouraïs, notamment les goshis, des samouraïs de rang inférieur, vivent dans la misère. Obligés de pratiquer des métiers d'appoint, tonneliers, forgerons, etc. pour survivre, méprisées par les jokashi, des samouraïs de rang supérieur. Le manga explore les tensions sociales, l'honneur, la violence et la corruption dans une société rigide, notamment à travers le personnage de Sakon Shiba, un gauchie condamné à mort pour vengeance. L'auteur Hiroshi Hirata, connu pour ses œuvres sur les samouraïs et le bushido, a étudié pendant 15 ans des documents historiques afin de recréer fidèlement la société faudele japonaise du XVIIIe siècle. Son œuvre montre la dure réalité de l'époque avec ses injustices sociales, ses rites et aussi certaines pratiques vraiment extrêmes comme le yemontori. Tu vas me dire mais c'est quoi le yemontori

UNKNOWN

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SPEAKER_00

Eh bien le yemontori Sori était une pratique extrêmement violente du fief de Satsuma qui d'ailleurs est évoqué dans le manga. Elle consistait pour des samouraïs à cheval à poursuivre un condamné à mort et à tenter de lui arracher son foie. Le vainqueur étant celui qui parvenait le premier. Sympa hein

UNKNOWN

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SPEAKER_00

Cette coutume dont le nom signifie dans le dialecte local saisir la chair puante servait à maintenir les guerriers prêts au combat tout en reflétant la brutalité et les tensions sociales du Japon féodal. Dans l'histoire, le héros, donc Sakon Shiba, survit à cette épreuve, ce qui devient le point de départ d'une révolte symbolique contre l'injustice et la condition des samouraïs pauvres. Mais attention car Satsuma n'est pas une histoire linéaire avec un seul héros qui sauve tout le monde. C'est plus complexe, plus fragmenté, presque comme une série d'épisodes interconnectés les uns aux autres, chacun explorant une facette de cette société en crise. Sakon Shiba, ce gauchy charpentier, ce samouraï de rang inférieur, est un anti-héros fascinant. Il est rusé, rebelle, il est prêt à contourner les règles oppressives du fief pour survivre. Il prend sur lui la responsabilité d'une vengeance collective après un soulèvement de gauchy frustré. Une sorte de lutte contre les injustices si tu veux. Et c'est de là que commence vraiment l'histoire. Il faut savoir que le manga s'inspire directement de l'incident historique de la rivière Oreki qui s'est passée en 1754. A l'époque, le shoguna Tokugawa force le domaine de Satsuma à envoyer des centaines de samouraïs pour des travaux forcés comme par exemple pour endiguer les crues dévastatrices des grandes rivières de la plaine de Nobi. Imagine un peu la scène. Tu vois des guerriers d'élite, habitués au combat au katana, à l'honneur, réduits à creuser des digues comme des paysans sous la pluie, la boue et la faim. Pour eux, c'est humiliant, c'est épuisant et ça révèle les fractures sociales. Les Jokashi, tu sais, ces samouraïs de rang supérieur, ils restent au château à profiter, tandis que les Goshi, les samouraïs de rang inférieur, mange des patates au lieu de riz et bosse comme des damnés. Hiroshi Hirata, il ne romance rien. Il montre la mélancolie, la rage contenue, la fortitude stoïque de ces hommes qui savent que leur ère touche à sa fin. La paix de l'ère Edo a rendu les samouraïs inutiles et l'ère moderne arrive tout doucement. On y voit aussi la déconstruction du mythe du samouraï. Pas de gloire éternelle mais beaucoup de misère de corruption, de rites barbares pour maintenir l'illusion de la guerre. Alors maintenant, parlons un peu de l'art et du style. Parce que c'est là que Hiroshi Hirata y brille vraiment. Son trait est ultra détaillé. des hachures intenses pour les muscles tendus, les expressions de rage ou de désespoir, les paysages sont boués au style. Les combats sont brutaux, physiques, sans chorégraphie stylisée. On sent le poids des sabres, le sang, la sueur. C'est vraiment du Gekiga pur. Il est à la fois mature, réaliste et souvent très sombre. Comme je te l'ai dit au début d'épisode, en France, c'est la maison d'édition d'Elcourt Akata qui a sorti une version en 6 volumes entre 2004 et 2005. Alors, si tu ne l'as pas et bien je t'invite à aller jeter un oeil dans ma description tu verras je t'ai mis le premier volume car vraiment cette version vaut le coup alors pourquoi est-ce que ce manga est parfait pour un épisode sur les arts martiaux et bien parce que les arts martiaux ils sont montrés de façon hyper réaliste si tu veux il n'y a pas de de trucs surnaturels il n'y a pas de super saut il n'y a pas de trucs magiques ou quoi non non non c'est vraiment du kenjutsu pur c'est de l'endurance C'est de la stratégie. Le Yemontori, il illustre parfaitement comment les entraînements extrêmes servaient à garder des guerriers affûtés en temps de paix. Une brutalité qui rappelle les entraînements hardcore de certains dojos d'aujourd'hui. Satsuma était réputé pour son bushido rigoureux avec une discipline de fer et une loyauté absolue au clan, même face à l'injustice. Pour conclure cet épisode, Satsuma Gishiden n'est pas le manga samouraï le plus connu. Mais pourtant, c'est l'un des plus puissants. Il te fait ressentir la mélancolie d'une classe guerrière obsolète, la violence crue du Bushido et la beauté tragique de l'honneur face à l'injustice. Hirata y a quand même passé 15 ans à étudier les archives, preuve de son sérieux et de son respect pour l'histoire. Comme à mon habitude, je vais terminer par une petite citation philosophique. Celle-ci nous vient de Miyamoto Musashi, le légendaire maître d'art martiaux et philosophe du XVIIe siècle y est tiré de son testament spirituel le dokodo, qui signifie la voie à parcourir seul. Cette citation donc nous dit ceci. Tu peux abandonner ton propre corps, mais tu dois préserver ton honneur. Cette phrase, écrite juste avant sa mort en 1645, résume l'essence radicale du bushido tel que Musashi le vivait. L'honneur n'est pas une simple réputation extérieure, mais une intégrité intérieure absolue, plus précieuse que la vie physique. elle-même. Abandonner son corps signifie accepter la mort, que ce soit au combat, que ce soit par seppuku ou harakiri ou dans n'importe quelle situation extrême, si c'est le prix pour ne pas trahir ses valeurs, son seigneur, sa parole ou sa propre dignité car l'honneur n'est pas négociable, il est la seule chose qui survit à la destruction du corps. Dans le contexte de Satsuma Gishiden, cette idée résonne profondément avec les goshis qui endurent l'humiliation, la misère et les rites barbares sans jamais compromettre leur bushido intérieur. L'honneur n'est pas gagné par la gloire, il est préservé par le refus de se corrompre, même quand le monde entier pousse à la compromission. Si tu veux plonger dans ce manga, si tu veux plonger dans cette oeuvre magnifique, va voir le lien en description. Si tu l'as déjà lu, eh bien, Dis-moi en commentaire, dis-le-moi sur les réseaux, qu'est-ce que tu penses de Sakon Shiba

UNKNOWN

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SPEAKER_00

Merci de m'avoir écouté jusqu'au bout. N'hésite pas à t'abonner, à liker, à partager. Je te dis à la prochaine pour un nouvel épisode. Et n'oublie pas que les points racontent des histoires, mais c'est à toi d'écrire la tienne. A très bientôt.